Les habitants de la Suisse s’appellent les Suisses : on dit un Suisse au masculin et une Suissesse au féminin. Ce nom, qu’on appelle un gentilé (comme pour les habitants de l’Inde), désigne aussi bien les personnes nées dans le pays que celles qui s’en réclament par leur nationalité. Reste à savoir comment l’écrire, et ce qu’on entend exactement par « habitant » quand on parle de la Confédération helvétique.
La réponse : un Suisse, une Suissesse
Le gentilé de la Suisse est donc « Suisse », identique au nom du pays. Il se décline en Suissesse pour une femme, et en « Suisses » au pluriel pour un groupe mixte ou masculin, ou « Suissesses » pour un groupe exclusivement féminin.
Il existe aussi un adjectif, « suisse », qui s’accorde en nombre mais reste identique au féminin : un fromage suisse, une montre suisse, des chocolats suisses. Le nom et l’adjectif ont donc la même forme au masculin, ce qui explique une bonne part des hésitations d’orthographe.
Orthographe, féminin et majuscule : les règles à connaître
Quand « Suisse » est un nom qui désigne une personne, il prend une majuscule : « un Suisse », « les Suisses », « une Suissesse ». Quand il est adjectif, il s’écrit en minuscule : « la banque suisse », « le paysage suisse ». La même règle vaut pour tous les gentilés, de Genevois à Tessinois.
Le féminin s’écrit avec deux « s » et un « e » final : Suissesse. On voit parfois « Suisseuse » ou « Suisse » employé tel quel pour une femme, mais ces formes ne sont pas retenues par les dictionnaires. Pour qualifier un groupe, on écrira par exemple « les Suisses romands » ou « les Suisses alémaniques », avec une majuscule sur le nom seulement.
Habitants, résidents ou citoyens : la nuance à ne pas manquer

Dans le langage courant, « les Suisses » désigne les personnes qui ont la nationalité suisse, comme on le voit pour le gentilé dubaïote, distinct d’Émirati. Or un habitant de la Suisse n’est pas forcément un citoyen suisse. Le pays compte environ neuf millions de personnes, dont près d’un quart de population étrangère : des résidents venus d’Italie, d’Allemagne, du Portugal, de France ou d’ailleurs, qui vivent et travaillent sur place sans passeport suisse.
Pour être précis, on distinguera trois situations :
- le résident : toute personne qui vit en Suisse, quelle que soit sa nationalité, par exemple « un résident étranger » ou « un Français résidant en Suisse » ;
- le citoyen suisse : une personne qui détient la nationalité suisse, de naissance ou après naturalisation ;
- le frontalier : quelqu’un qui travaille en Suisse mais habite dans un pays voisin.
La nationalité suisse a une particularité : elle repose sur trois niveaux. Un citoyen suisse est aussi citoyen d’une commune et d’un canton, appelé son lieu d’origine, qui n’est pas toujours son lieu de naissance. La naturalisation passe par ces trois échelons et exige en général dix ans de résidence dans le pays.
Helvète, helvétique : ne pas confondre avec le gentilé
Les Helvètes étaient un peuple celte de l’Antiquité. « Helvétique » reste un adjectif officiel (« Confédération helvétique », d’où le sigle CH), mais pour désigner un habitant d’aujourd’hui, on ne dit pas « un Helvète » dans l’usage courant, sauf par jeu ou clin d’œil historique.
Genevois, Vaudois, Zurichois : les gentilés des cantons et régions
La Suisse est une fédération de 26 cantons, et chacun possède son propre gentilé. Les Suisses se présentent d’ailleurs souvent par leur canton avant leur pays : on se dit Genevois ou Vaudois plus volontiers que Suisse, surtout en conversation entre compatriotes. Voici les appellations les plus courantes.
| Canton | Masculin | Féminin |
|---|---|---|
| Genève | Genevois | Genevoise |
| Vaud | Vaudois | Vaudoise |
| Zurich | Zurichois | Zurichoise |
| Tessin | Tessinois | Tessinoise |
| Berne | Bernois | Bernoise |
| Valais | Valaisan | Valaisanne |
| Neuchâtel | Neuchâtelois | Neuchâteloise |
| Fribourg | Fribourgeois | Fribourgeoise |
| Jura | Jurassien | Jurassienne |
| Bâle-Ville | Bâlois | Bâloise |
Suisse romande, Suisse alémanique : les appellations selon les langues
Le pays compte quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Chacune a sa façon de nommer les habitants. En allemand, on dit Schweizer (masculin) et Schweizerin (féminin), en italien svizzero et svizzera, en romanche Svizzer et Svizzra.
À l’intérieur du pays, on distingue aussi les grandes régions linguistiques. Les habitants de la Suisse romande, francophone, sont les Romands. Ceux de la Suisse alémanique, germanophone et majoritaire, sont les Alémaniques. Les Tessinois et les Italophones des vallées grisonnes forment la Suisse italienne, tandis que les Romanches, une petite minorité des Grisons, parlent la quatrième langue nationale.
En résumé, si vous cherchez le terme exact : « Suisse » pour la nationalité, « Suissesse » pour une femme, le nom du canton pour une appartenance locale, et « résident » pour quelqu’un qui vit dans le pays sans en avoir la citoyenneté.